Notre-dame de Paris au Moyen-Âge en 3D

Publié le : 10/11/2020

Grâce à la technologie 3D, on a l'occasion de visiter Notre-dame de Paris au Moyen-Âge.

Notre-Dame de Paris
En plein chantier

Enfant, son père lui a raconté la cérémonie du printemps 1163. Le Pape Alexandre III en personne a posé la première pierre, aux côtés de l’évêque de Paris, Maurice Sully. C’est lui l’instigateur de ce chantier inédit et titanesque qui va profondément bouleverser le visage de l’île de la Cité.


Au fil des années, Gilles a vu disparaître peu à peu les ruines de la vieille basilique carolingienne ; puis la cathédrale romane, qui sert de lieu de culte pendant une partie des travaux avant d’être avalée par les dimensions démesurées du somptueux vaisseau en train de naître d’est en ouest, du chœur vers la façade. Dès qu’il en a l’occasion, il quitte son échoppe de la rive droite pour venir admirer les générations d’apprentis, de compagnons et de maîtres se relayer jour et nuit pour la gloire de la vierge Marie. 


Il a 19 ans quand le maître-autel du chœur est consacré par le légat pontifical. La trentaine quand sont terminées les trois dernières travées de la nef, des bas-côtés et des tribunes. Pendant trente-cinq ans il scrute patiemment les cieux de la capitale où s’élèvent les assises de la façade et des deux premières travées de la nef. Comme nombre de Parisiens, il se passionne pour les croisées d’ogive et les clés de voûte, l’arc-brisé ou boutant. Au soir de sa vie, alors qu’il a déjà enterré deux maîtres d’œuvre et qu’un nouveau monarque est appelé à régner, il arpente encore le parvis de Notre-Dame dont les deux tours continuent de s’élancer. Il prie pour continuer de suivre le chantier depuis les cieux et contempler achevé ce monument qui doit asseoir le prestige de la capitale en Occident. La dysenterie l’emporte à l’été 1227, environ un siècle avant la fin des travaux.


En 1226, Gilles le Noir a 63 ans. Un âge plus que vénérable pour ce tanneur du marché des Halles né le jour de la pose de la première pierre de la cathédrale Notre-Dame de Paris. La construction de l’édifice a ryhmé toute sa vie.

Le Louvre de Charles V
De la forteresse au palais royal

Au milieu du 14e siècle, le Louvre ne sert plus à rien…en terme défensif du moins. Paris s’est fortement agrandi à l’ouest et a fini par entourer la foreresse que l’on avait bâtie pour la protéger, à peine deux siècles plus tôt. Un comble ! Entre 1364 et 1380, Charles V fait alors édifier une nouvelle enceinte, deux fois plus longue que celle de Pillippe Auguste, étendant encore les frontières d’une ville qui n’en finit plus de se développer.


Le Louvre, adapté au goût de son époque, n’échappe pas à ce vaste lifting urbain. Les murailles se percent de grandes fenêtres et les tours se couvrent d’élégants toits coniques de tuiles ou d’ardoises. L’ensemble du bâtiment est aéré et de nombreux corps de logis ajoutés ainsi qu’un jardin d’agrément. 



Sous la direction de l’architecte Raymond du Temple, un petit joyau luxueux éclipse peu à peu la martiale forteresse médiévale. Charles V en fait une de ses résidences principales avec le château de Vincennnes et le Palais de la Cité. Ses appartements donnent sur la Seine au premier étage, desservis par la «grande vis», un superbe escalier hélicoïdal ajouré.

C’est finalement François 1er qui donnera le coup de grâce au Louvre médiéval en faisant abattre son donjon, prélude d’aménagements Renaissance dont il ne profitera jamais. A sa mort, les travaux ont à peine débuté. Le donjon continuera quant à lui de remplir une fonction post mortem. Jusqu’à la Révolution, plus de deux siècles après sa destruction, la grosse tour du Louvre continue d’incarner symboliquement l’autorité féodale du roi.


Sous le règne de Charles V, le Louvre se transforme petit à petit en luxueuse résidence royale avant que l’esprit Renaissance n’ait finalement raison de son donjon. Mais pourquoi la forteresse médiévale des origines change-t-elle si radicalement de visage ?

La tour Eiffel et le Palais du Trocadéro
Destins croisés

Aucun des deux n’était censé suivre à l’événement. D’autant qu’ils furent copieusement conspués lors de leur contruction. Le Palais du Trocadéro, pour l’Exposition universelle de 1878, est décrié pour l’eclectisme de son architecture bigarrée entre inspirations mauresques et néobyzantines. La tour Eiffel, pour celle de 1889, déchaîne les passions autour la « barbarie » de ses proportions comme s’emporte un collectif d’artistes avant son édification. 

Un chantier que le Palais du Trocadéro a suivi par étapes. Le montage de la partie métallique proprement dite débute en juillet 1887, assuré par des ouvriers dits « voltigeurs » dans les rangs desquels on ne déplorera qu’une victime, finalement collatérale : un ouvrier qui perd fatalement l’équillibre lors d’une démonstration dominicale à sa belle. La géante d’acier est tout juste achevé pour le début de l’exposition avec 12 mois de retard et un budget grevé de 1,5 millions de francs. Le coût du Palais du Trocadéro fut lui aussi bien plus élevé que prévu, et c’est précisément ce qui lui vaudra sa survie quelques années encore. Mais son sort est scellé dans les années 1930. Style obsolète, acoustique déplorable, il est démantelé et cède sa place à l’actuel Palais de Chaillot, érigé pour la nouvelle Exposition universelle de 1937. 


Quant à la tour Eiffel, son concepteur éponyme, très tôt conscient des risques de destruction de sa critiquée créature métallique, a rapidement su la rendre indispensable. D’abord en la mettant au service de diverses expériences météorologiques et aérodynamiques puis en en faisant la première antenne des débuts de la radiodiffusion et de la télévision.

La tout Eiffel, tout comme le Palais du Trocadéro, a été construite pour une Exposition universelle et pour une durée limitée. Pourquoi l’une a-t-elle survécu tandis que l’autre a disparu ?

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